• Meeting du MAK à At Dwala: Le peuple kabyle ira toujours dans le sens de sa libération

    Mouloud Mammeri et Katya Bengana : Le président du MAK dira à propos du premier cité : « Pour nous, Mouloud Mammeri n’était pas victime d’un accident de la route mais plutôt d’un assassinat perpétré contre lui par le pouvoir algérien. Celui-ci avait peur de la dimension de Mouloud Mammeri, le grand intellectuel , qui aurait pu éviter l’effritement de la militance kabyle et unifier les rangs de la Kabylie, tout en sachant qu’une Kabylie unifiée est capable de réaliser des miracles ». A propos de la seconde : « Bouaziz Aït-Chebib dira : « Elle a été la digne héritière de Kahina et fathma n’Soumeur. Une Kabyle qui a refusé le diktat des islamistes. Le sacrifice de Katia Bengana est la preuve du rôle important de la femme dans les luttes démocratiques et émancipatrices des peuples ».

    De Tizi-Ouzou, Saïd Tissegouine Le Président du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït-Chebib, a animé un meeting, hier, à Ath-Douala, à l’occasion de la commémoration de la 26ème année de la disparition tragique de l’intellectuel kabyle, Mouloud Mammeri. Ce meeting a été aussi dédié à Katya Bengana assassinée le 28 février 1994 par les islamistes.

    Notons d’emblée que ce rendez-vous historique a été préparé par la confédération des Ath-Douala et inscrit depuis longtemps à l’agenda du MAK. Il serait alors, à notre sens, inutile de préciser que c’est une foule nombreuse qui a répondu à l’appel du MAK, seule force politique d’une réelle opposition au régime d’Alger, et seule alternative possible à la politique aventureuse franco-algérienne.

    Comme de coutume, Bouaziz Aït-Chebib mettra en exergue ses dons d’orateur, notamment en pareille occasion, et d’autant plus que ses verbes et adjectifs sont mis en avant et appuyés par des principes scientifiques.

    Après avoir rendu hommage à l’illustre Amusnaw Kabyle Ddda Lmulud , le Président du MAK a rappelé que les Kabyles constituent un peuple digne de respect au même titre que tous les autres peuples du monde et à ce titre « le peuple Kabyle a le droit de disposer de lui-même et de recouvrer la souveraineté qu’il a perdu en 1857 sous l’occupation française ».

    Ensuite il a puisé dans l’histoire de la Kabylie le socle de valeurs qui a façonné la kabylité en soulignant une valeur certaine de la nation kabyle qui est la laïcité. « La laïcité est une valeur kabyle ancestrale ; et c’est même une valeur fondatrice de notre société », articulera Bouaziz Aït-Chebib tout de go pour préciser que « depuis la nuit des temps, nos ancêtres ont toujours su faire le différentiel entre le spirituel et le profane, le prêtre et l’imam n’ont jamais participé, es qualités, aux délibérations des assemblées villageoises, véritables parlements qui régissaient les affaires de la cité ». « Le pluralisme confessionnel, précise encore le Président du MAK, a toujours été un des piliers de l’organisation socio-politique de la Kabylie ». L’orateur mettra l’accent sur la signification et la porté des mots « Jmaâ liman » à savoir que c’est un véritable témoignage du respect et la liberté de culte qui reste une affaire personnelle et non pas collective.

    Concernant la Kabylie à construire, Bouaziz Aït-Chebib rappellera qu’elle puisera dans ses valeurs ancestrales et sera donc résolument une république laïque qui consacrera le respect des Droits Humains, sans distinction de sexe, de race, de langue ou de religion et garantira la liberté de culte et de conscience.

    Abordant l’environnement politique international, le président du MAK se saisira du classement de la Kabylie par l’administration de Washington comme « pays à haut risque » pour ensuite rappeler aussi bien à l’assistance présente sur le lieu du meeting qu’à la communauté internationale que « les terroristes et l’insécurité qui règnent en Kabylie sont bel et bien l’apanage du pouvoir en place ». « L’Etat algérien, poursuit Bouaziz Aït-Chebib, à travers ses institutions, active ses groupes terroristes pour terroriser le peuple kabyle, faire fuir les investisseurs et, enfin, ternir l’image de la Kabylie pour la priver de tout soutien international ».

    Le peuple kabyle, martèle le N° I du MAK, est contre l’islamisme et, de ce fait, ne peut cautionner son bras armé : El Quaïda, qui en fait une création de l’Etat algérien. « Il se trouve, ajoute encore l’orateur, que les USA et la France cautionne la politique criminelle de l’Etat algérien contre la Kabylie, et ce pour s’assurer leurs intérêts ; intérêts qui se conjuguent toujours au détriment des droits du peuple kabyle ».

    Abordant ensuite le sujet d’actualité, à savoir l’affaire Messali Hadj, Bouaziz Aït-Chebib a affirmé que la Kabylie ne se sent pas vraiment concernée par ce débat lequel est faux car « en ce qui nous concerne, nous les Kabyles, nous n’avons pas attendu 20I5 pour savoir que Messali Hadj était un traître ; nous l’avons su dès I948 lorsqu’il avait envoyé son mémorandum à l’ONU dans lequel il a présenté l’Algérie comme un pays arabo-musulman ». « Toujours est-il bon cependant, poursuit le Président du MAK, de signaler le paradoxe du FLN qui, d’un côté clame haut et fort que Messali Hadj était un traître et de l’autre, il (FLN), avec tous les partisans de « l’Algérie, une et indivisible » continue à se reconnaître à travers le drapeau que Messali Hadj a imaginé et élaboré ». « Logiquement, poursuit encore l’orateur, tout élément symbolisant ou rappelant le profil d’un traître doit être banni ». Sur ce passage précis, Bouaziz Aït-Bouaziz a déclaré que « le MAK ne reconnaît et ne reconnaîtra que le drapeau amazigh élaboré par l’Académie berbère et le futur drapeau kabyle ! ». Et de conclure : « Messali Hadj est un traître par rapport au FLN. Mais le FLN n’est-il pas un traître par rapport à l’Algérie réelle en procédant à l’assassinat des « berbérises » kabyles ? Il n’y a aucune différence entre Messali et le FLN qui sont, à vrai dire, les deux facettes d’une même médaille : l’Algérie anti-kabyle. Notre référence et notre repère à nous, c’est Bénaï Ouali, Amar Ould-Hamouda… ».

    Abordant la question kabyle vue sous l’angle de l’ « Algérie, une et indivisible », le Président du MAK dira : « Au vue des évolutions qui ont eu lieu ces derniers mois, le constat reste toujours le même : un Kabyle peut être le champion du nationalisme algérien, il restera toujours aux yeux des autres un Kabyle séparatiste. Alors la conclusion qu’il faut en tirer pour ne pas perpétuer une erreur qui n’a que trop duré : il y a l’Algérie et il y a la Kabylie. Alors notre combat, c’est la libération de la Kabylie ».

    Plus loin, Bouaziz Aït-Chebib mettra en avant l’obsolescence de la CNLTD et dévoilera le véritable profil d’Ali Benflis , président d’une commission de réflexion issue de cet organe, qu’il mettra d’ailleurs dans le même panier que « Abdelaziz Bouteflika, le Général Tewfik » et tant d’autres caciques du système qui finiront tôt ou tard par payer pour leurs crimes commis contre la Kabylie. « Confier la présidence de la commission de réflexion de la CNTLD à Ben Flis qui était premier ministre durant les événements du printemps noir est déjà en soi une insulte à la Kabylie et la démocratie ».

    Le président du MAK a rappelé que le GPK a déposé une plainte auprès de la CPI pour le jugement des assassins des 127 martyrs kabyles : « Nous appelons les victimes et les familles des martyrs de se rapprocher du MAK pour compléter le dossier avec leurs témoignages pour faire condamner ces assassins ».

    « Il est inadmissible de voir des acteurs politiques kabyles s’allier aux ennemis de la Kabylie. La Kabylie n’est pas une machine à laver du système et de l’islamisme qui s’allient toujours contre le peuple kabyle » a déclaré avec force Bouaziz Ait Chebib.

    Enfin, le N° 1 du MAK parlera des luttes de clans gravitant autour du pouvoir qui continuent à faire rage : « La Kabylie n’est concernée ni de prêt ni de loin par cette « alternance clanique » qui va perpétuer l’antikabylisme. Son salut passe impérativement par l’instauration de son propre Etat et c’est ça son seul combat. Désormais, la Kabylie a choisi son camp : la liberté ».

    Concernant la petite agitation faite autour de la révision de la constitution algérienne, Bouaziz Aït-Chebib « jettera à la poubelle » et la révision de la constitution puisque pour la Kabylie, seul un référendum a de l’importance et la petite agitation des prétendus hommes politiques s’inquiétant de l’avenir de l’Algérie.

    Sur un ton humoristique, le président du MAK a raconté une anecdote qui a mis en exergue la panique du pouvoir algérien devant le mouvement kabyliste : « Lors d’une célébration de la fête des cerises en Kabylie, un commentateur de la chaîne 2 a déclaré : cette année, la production de cerises est faible du fait d’une maladie. Mais ce commentateur de peur d’être taxé d’appartenance au MAK a ajouté : mais cette maladie ne concerne pas seulement la Kabylie, elle est nationale ». Bouaziz Ait Chebib a répliqué : « le commentateur aurait du faire l’économie de son commentaire car il est évident que la maladie est « nationale » et elle ne pouvait être du MAK étant donné que le MAK en est justement le remède ».

    Le président à conclu son intervention avec une note d’espoir : « Quelles que soient les difficultés et les entraves auxquelles il sera confronté, le peuple kabyle ira toujours dans le sens de sa libération. Tôt ou tard, il triomphera de ses ennemis car sa cause est juste et ce qui est juste vaincra ».

    De son côté, Djamel Benzid, citoyen d’At Yani, qui a pris la parole, a commencé par rendre un vibrant hommage à Bouaziz Aït-Chebib qui « maîtrise taqvaïlit  en tant que langue et socle des valeurs ». Ensuite, il dira du premier responsable du MAK que « c’est le seul homme politique que j’ai vu sur le terrain œuvrer pour l’union des Kabyles ». Bouaziz Aït-Chebib sera résumé par l’intervenant ainsi : « Il dit ce qu’il fait et il fait ce  qu’il dit. ».  Enfin, Djamel Benzid lancera également un appel à toutes les compétences kabyles « à s’impliquer pour apporter leur contribution quant à l’union des rangs et à la résolution des problèmes rencontrés par le peuple kabyle ».  S’agissant enfin de Boussad Bécha, dont l’implication dans la préparation de ce meeting est loin d’être des moindres, a en sa qualité de cadre du MAK et surtout en tant que modérateur dans les interventions pour la prise de parole, a rappelé à l’assistance les principes fondateurs du MAK. Il a également manifesté en son nom personnel et au nom du MAK, les transporteurs de voyageurs qui ont su dégager la place pour la tenue du meeting en dégageant leurs fourgons vers d’autres aires de stationnement. Les remerciements et la gratitude sont également allées vers les riverains immédiats qui ont volontiers assuré l’alimentation en énergie électrique des appareils de sonorisation dont a usé le MAK.

    Boussad Becha a tenu à apporter son soutien et celui de la confédération d’At Dwala au chanteur engagé Zedak Mouloud : « après Slimane Azem, Ferhat, Matoub, c’est autour de Zedak Mouloud d’être censuré et interdit à la chaîne 2 et la radio de Tizi Ouzou. Cette atteint à la liberté d’expression et à notre culture nous rappelle à quel point l’avènement d’un Etat Kabyle est vital pour la Kabylie. » Addenda : Mouloud Mammeri et Katya Bengana : Le président du MAK dira à propos du premier cité : « Pour nous, Mouloud Mammeri n’était pas victime d’un accident de la route mais plutôt d’un assassinat perpétré contre lui par le pouvoir algérien. Celui-ci avait peur de la dimension de Mouloud Mammeri, le grand intellectuel , qui aurait pu éviter l’effritement de la militance kabyle et unifier les rangs de la Kabylie, tout en sachant qu’une Kabylie unifiée est capable de réaliser des miracles ». A propos de la seconde : « Bouaziz Aït-Chebib dira : « Elle a été la digne héritière de Kahina et fathma n’Soumeur. Une Kabyle qui a refusé le diktat des islamistes. Le sacrifice de Katia Bengana est la preuve du rôle important de la femme dans les luttes démocratiques et émancipatrices des peuples ».