BOUIRA (Tamurt.info) – Le procès des 32 jeunes kabyles, poursuivis pour l’affaire du 17 avril dernier, dont l’ouverture était prévue pour aujourd’hui, a été finalement reporté pour la journée du 13 novembre. Il semble que le report de ce procès a été dicté par le besoin d’un complément d’informations et de construction. 23/10/2014 – 13:53 mis a jour le 23/10/2014 – 15:50 par Saïd Tissegouine
Le procès des 32 jeunes kabyles, poursuivis pour l’affaire du 17 avril dernier, dont l’ouverture était prévue pour aujourd’hui, a été finalement reporté pour la journée du 13 novembre. Il semble que le report de ce procès a été dicté par le besoin d’un complément d’informations et de construction.
Toujours est-il cependant qu’une grande manifestation a eu lieu devant le tribunal de Haïzer en guise de soutien aux prévenus. Et parmi les manifestants, se trouvaient des militants de différentes couleurs politiques dont les membres des directions du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) et du Mouvement pour l’Autodétermination de la Kabylie (MAK).
Il va sans dire que cette mobilisation des forces citoyennes et démocratiques n’a pas du tout été du goût des pouvoirs publics, lesquels, contre toute attente, ont vigoureusement empêché les citoyens d’avoir accès à l’intérieur du tribunal. Et l’inénarrable dans cette histoire, c’est que c’est le commissaire divisionnaire en personne, qui, comme un mastodonte, s’est tenu devant le seuil de la porte donnant accès à l’intérieur du tribunal pour empêcher toute « intrusion ».
Devant cette violation du droit citoyen d’assister à un procès public, Hocine Azem, secrétaire national aux relations extérieures du MAK, a interpellé le haut fonctionnaire de la police en lui signifiant que ses attitudes et réactions sont contraires aux lois de la républiques. « Vous n’avez pas le droit de vous substituer au juge, car lui seul peut décider du oui ou non du huis clos du procès », lui fit savoir le cadre dirigeant du MAK. « je me suis octroyé le droit de me substituer au juge et je tiens à vous préciser que vous aurez tout intérêt à vous effacer devant moi sinon j’arrêterai des mesures nécessaires à votre endroit », lui répliqua le commissaire divisionnaire, l’air très sûr de lui.
Par ailleurs, certains médias que l’on nous a toujours présentés comme « lourds » se sont montrés légers comme une plume de poussin. C’est le cas de la BRTV. L’équipe de cette chaîne TV a jugé bon de donner la parole à tout le monde excepté aux manifestants du MAK. Or, tout le monde sait, même les Kabyles résidant dans la lointaine Amérique latine savent que c’est la grande famille militante et patriotique du MAK qui a lancé l’appel à mobilisation en guise de soutien aux 32 jeunes accusés. La BRTV n’a en fait que prouver aujourd’hui encore qu’elle a accepté de se mettre le mors dans la gueule contre quelques subsides que lui octroie Alger.
De son côté, la chaîne de radio locale (Radio régionale de Bouira) n’a rien trouvé de mieux pour s’acquitter de sa mission que de placer un flic devant le portail donnant accès à ses studios. Au lieu de faire sortir ses équipes de journalistes sur les lieux de la manifestation pour informer l’audimat bouiri, la chaîne de radio locale a préféré mettre le vieux disque rayé « tout va bien et les pouvoirs publics veillent strictement au bien être du citoyen ». Mais toujours est-il qu’au-delà de l’esprit corruptif de BRTV et l’inertie maladive de la radio de Bouira, les manifestants, nombreux, ont fait entendre leurs voix et fait éclater la vérité aux quatre coins de la planète. En effet, ni l’armada de policiers, ni l’absence de professionnalisme de BRTV et de la radio de Bouira n’ont pu empêcher les manifestants de scander « A bas la répression ! », « Vive la liberté d’expression ! », « Pouvoir assassin ! » et « Nekni s Leqvayel naâya di lvatel (Y’en a marre de l’injustice) ! ».
Les Tuniques bleues n’ont pas non plus empêcher les médias, comme Tamurt.info, qui vivent par et pour l’information, de médiatiser cet événement historique de Haïzer. Notons enfin qu’Alger ferait mieux dorénavant de faire l’économie des devises qu’il octroie à BRTV. Les kabyles ont cessé depuis longtemps de s’informer par le biais de cette chaîne TV qui n’a de TV que l’appellation.