• Bouaziz Aït-Chebib devant les militants d’Ath-Aïssi : « Notre combat d’aujourd’hui n’est en réalité que la continuité de celui commencé par nos aînés »

    ATH AISSI (Tamurt.info) – Poursuivant inexorablement ses missions qui lui sont dictées par son statut et ses fonctions de Président pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), Bouaziz Aït-Chebib a effectué hier un déplacement à Ath-Aïssi, daira d at dwala, où il a rencontré les cadres et militants locaux.

    A l’issue de ce rendez-vous, qui a provoqué de nouvelles recrues, le Président du MAK a abordé un bon nombre de sujets d’actualité dont celui ayant directement trait à la mission du MAK. Dans ce contexte, le conférencier a martelé que « notre combat d’aujourd’hui n’est en réalité que la continuité de celui commencé par nos aînés ». Autrement dit, le MAK n’est aucunement le fruit d’un quelconque caprice.

    Bouaziz Aït-Chebib a démontré que le porte-parole de la Kabylie (MAK ndlr) est une création forcée et ce sont les massacres de jeunes kabyles au printemps 2001 qui en sont la cause. A partir de cette thèse indémontable, le Président du MAK « bousculera » les méandres de l’histoire contemporaine dans lesquelles il puisera des preuves tangibles quant à l’existence réelle du peuple kabyle et, au même temps, vu par les autres Algériens comme réellement « un peuple à part entière ».

    Et même temps, Bouaziz Aït-Chebib mettra en exergue les paradoxes ayant marqué certains acteurs du mouvement national comme Messali Hadj dont les discours faits même à l’endroit de la communauté internationale prônait l’inexistence de la nation kabyle puisqu’il a toujours limité l’histoire de l’Algérie au 7ème siècle de notre ère, soit juste à l’arrivée des troupes musulmanes en Afrique du nord dont naturellement l’Algérie.

    Aux thèses de Messali Hadj énumérées, le conférencier leur opposa ensuite non seulement les contre thèses apportées par les berbéristes de cette époque mais aussi la politique imposée par Krim Belkacem à la veille du déclenchement de la guerre d’indépendance où sa condition était d’effacer l’idée préconçue par la France coloniale concernant la territorialité de la Kabylie qui a consisté à faire croire qu’il y avait la « Grande Kabylie » et la « Petite Kabylie », et ce, dans le but évident de diviser pour avoir la chance de régner. « En imposant la wilaya 3 historique dans le plan de division en wilayas de l’Algérie s’apprêtant à sonner le tocsin, et qui n’est autre que la Kabylie authentique, c’est-à-dire géographiquement et ethniquement une et indivisible, poursuit le Président du MAK, Krim Belkacem n’a en réalité que rappelé l’impératif de la poursuite de l’étude de la question identitaire juste après l’indépendance de l’Algérie ». « Le conflit armé opposant le FFS aux forces gouvernementales, le Mouvement de 1980, la grève du cartable de 1994 et, enfin, les tueries de 2001, signale encore Bouaziz Aït-Chebib, ne sont là qu’une succession de preuves quant à l’existentialité réelle du peuple kabyle et, au même temps, la ténacité du pouvoir d’Alger, véhiculant une idéologie arabo-islamiste, et non moins outil de la France néocoloniale, à le nier ».

    L’inertie et le silence des intellectuels des autres Algériens lors de la répression qui s’abattit sur la Kabylie en 1980 et 2001 ainsi la Grève du cartable en 1994 limité géographiquement au seul territoire de la Kabylie, le conférencier les considérera également comme des preuves intangibles de la pensée et la considération des autres Algériens vis-à-vis des Kabyles, à savoir qu’ils constituent un peuple à part entière.

    Plus loin, le Président du MAK reviendra, notamment à l’endroit des nouvelles recrues, sur le choix par la Kabylie porté sur l’autodétermination après avoir opté initialement pour l’autonomie. Le conférencier expliquera que ce n’était qu’une question de conformité par rapport aux textes onusiens en matière de revendications des peuples à disposer d’eux-mêmes. Etant que le concept d’autonomie est considéré par l’instance onusienne comme « une affaire interne à un pays », elle ne peut par conséquent légalement s’y immiscer ; ce qui n’est pas le cas de « l’autodétermination ». Sur ce point précis, Bouaziz Aït-Chebib rappellera « que face à la culture du pouvoir algérien dont la culture n’est autre que la violence, à l’instar d’ailleurs de tous les régimes dictatoriaux, le MAK veut éviter de lui donner cette occasion ». « Le talon d’Achille d’ailleurs du pouvoir d’Alger, poursuit le conférencier, est notre lutte pacifique d’un et la communauté internationale que, à la lumière de ces textes internationaux, prise à témoin. Bouaziz Aït-Chebib a rappelé à maintes reprises à Ath-Aïssi que le combat du MAK est d’essence pacifique.

    La dernière déclaration de M° Ali-Yahia Abdennour vis-à-vis du MAK a été aussi passée à l’analyse. « Le pouvoir doit reconnaître le MAK », telle est la déclaration de M° Ali-Yahia Abdennour. La famille militante et patriotique du MAK l’a interprétée comme « une déclaration qui prête à équivoque et, surtout pas à l’avantage de la Kabylie. M° Ali-Yahia Abdennour est soupçonné de vouloir suggérer au pouvoir de tenter de donner un agrément pour le MAK pour le réduire au simple statut d’un quelconque parti politique et, par conséquent, le « dompter » puisqu’il serait seulement question de « négocier » des postes et des avantages matériels ; ce qui motive bon nombre d’acteurs politiques se réclamant pourtant de l’opposition. La famille militante et patriotique du MAK n’a pas oublié que M° Ali-Yaahia Abdennour n’a pipé mot sur ni l’exil forcé de Ferhat M’henni, ni la terrible répression qui s’est abattue sur les manifestations organisées par le MAK à l’occasion de Yennayer à l’occasion du 20 avril de l’année passée, ni sur les harcèlements pesés sur les militants du MAK et ni sur aucune autre machination ourdie contre le peuple kabyle par le pouvoir d’Alger. En d’autres termes, la famille militante et patriotique du MAK est venue à considérer que même si l’initiative de M° Ali-Yahia Abdennour est dépourvue d’aucune arrière-pensée, elle arrive trop tard. Bouaziz Ait Chebib rajoutera que « le MAK a la reconnaissance de la nation kabyle, il n a pas besoin de celle d un pouvoir qu’il ne reconnait pas ».